Le sentiment de peur: explications

La peur n'est pas un sentiment agréable. Mais elle est indispensable pour assurer notre survie. Explications

La peur nous serre la gorge, rend la respiration superficielle et donne la sensation d’être pris dans un étau. Le terme de peur vient d’ailleurs du latin «pavor» qui correspond à effroi, épouvante.

Aussi désagréable soit-elle, la peur est indispensable à la survie. Celui qui n’a pas peur devant un lion affamé qui s’approche en montrant les dents sera probablement dévoré par le fauve. Et celui qui ne s’écarte pas quand une voiture fonce sur lui risque fort de perdre la vie. Mais celui qui a peur dans de telles situations peut réagir correctement et donc garder la vie sauve. Que ce soit en se figeant, en luttant ou en fuyant. Pour ce faire, le rythme du cœur et la fréquence respiratoire s’accélèrent. Les vaisseaux sanguins se resserrent, ce qui élève la pression sanguine – autre phénomène utile pour fuir. Et tout cela se voit aussi de l’extérieur: car, comme effet secondaire, on blêmit. Les muscles reçoivent plus de sang pour que l’on puisse fuir plus rapidement. En revanche, le système digestif en reçoit moins, car il n’est pas important à ce moment. Les pupilles se dilatent, tout se passe comme au ralenti, tous les sens sont alertés et la perception générale est aiguisée. Le cerveau envoie des signaux aux glandes surrénales pour qu’elles libèrent les hormones qui permettent au corps de puiser dans ses réserves d’énergie.

Le visage de la peur

La peur peut se lire sur le visage. Les sourcils sont relevés, des rides horizontales se forment sur le front. Les yeux sont grand ouverts, la paupière supérieure est levée et la paupière inférieure est tendue. La bouche est généralement ouverte et les lèvres sont tendues. Et plus les commissures des lèvres sont étirées vers les oreilles et les lèvres tendues sur les dents, plus la peur est probablement intense.

Troubles anxieux

La peur est donc une bonne chose en soi. Mais elle peut aussi nous saisir dans des situations qui sont en fait sans danger, par exemple en présence d’une foule importante ou à la vue d’une araignée. Une telle peur n’est pas provoquée par un danger réel – nul ne peut croire qu’une araignée pourrait le dévorer. Mais cette peur est quand même réelle et elle peut, dans le pire des cas, évoluer en un trouble anxieux. Les personnes qui souffrent de troubles anxieux présentent différents symptômes, comme des douleurs dans la poitrine, des tremblements, des vertiges, de la tachycardie ou de la détresse respiratoire. Ces troubles se soignent bien, mais plus on tarde, plus les angoisses peuvent empirer.

Traumatisme

Le terme de traumatisme vient du grec ancien «traûma», qui signifie «blessure». Les gens ressentent comme un traumatisme les expériences tragiques, comme les accidents graves, les maladies ou les catastrophes naturelles, mais aussi les violences psychiques, physiques ou sexuelles ainsi que certaines fortes expériences de perte ou de négligence. Les événements traumatisants peuvent conduire à des troubles posttraumatiques. Il s’agit d’une réaction psychique à un traumatisme qui se manifeste après coup. Les personnes touchées éprouvent des émotions comme la peur ou l’insécurité et ressentent de la détresse et une perte de contrôle.

Il est typique en cas de troubles posttraumatiques que les personnes revivent souvent l’événement traumatisant, par des souvenirs envahissants (flashback) ou des rêves récurrents (cauchemars). Elles peuvent aussi ressentir de l’insensibilité et un détachement émotionnel ainsi que de l’indifférence envers les autres et de l’apathie. Elles évitent les activités et les situations qui réveillent les souvenirs du traumatisme. Tout cela s’accompagne souvent d’une excitabilité excessive du système nerveux végétatif, avec une vigilance accrue, une tendance à s’effrayer rapidement et de l’insomnie. Les troubles peuvent se manifester peu après l’événement traumatisant mais aussi seulement quelques mois ou quelques années plus tard.

Auteure: Bettina Epper
Traduction: Claudia Spätig
Rédaction: Marie-Noëlle Hofmann
Contrôle scientifique: Dr phil. nat. Anita Finger Weber
Sources