Les colorants embellissent les aliments

Pour rendre nos plats encore plus appétissants, l’industrie agro-alimentaire use et abuse des colorants. Or certaines de ces substances ne sont pas anodines…

Les oursons en gomme sont merveilleux. Ceux à la framboise sont d’un rouge lumineux, ceux au citron, parfaitement jaunes et ceux à l’orange, couleur orange. Sauf que ces couleurs ne proviennent ni de framboises ni de citrons ni d’oranges. Elles ont été conçues dans les cuisines chimiques de l’industrie alimentaire. Dans le meilleur des cas, à partir de matières premières végétales.

Un art séculaire

Les colorants rendent les aliments plus beaux et plus appétissants. Raison pour laquelle les Romains, déjà, y recouraient. Ils utilisaient alors des colorants naturels, généralement d’origine végétale. Aujourd’hui encore, les fabricants de produits alimentaires utilisent de nombreux colorants naturels, comme la curcumine (E100), principal pigment jaune du curcuma, ou la bétanine (E162), pigment rouge de la betterave. De tels colorants sont sans risques pour la santé.

En Suisse, près de 40 colorants naturels et artificiels sont autorisés pour la coloration des produits alimentaires. Comme tous les additifs, ils doivent être mentionnés par leur nom ou leur code numérique (numéro E) sur l’emballage. En revanche, les fabricants n’ont pas besoin d’indiquer la quantité utilisée.

Des substances interdites

Outre les colorants naturels, il en existe de synthèse, comme l’azorubine (E122 aussi appelée carmoisine) et le rouge allura (E129) qui, comme leur nom l’indique, colorent les aliments en rouge, ou encore la tartrazine (E102), un colorant jaune. Certains de ces colorants artificiels sont soupçonnés de provoquer des allergies ou de l’hyperactivité, d’avoir des effets toxiques ou même d’être cancérigènes. En 2009, l’Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA) a estimé que la dose journalière acceptable pour un adulte des trois colorants suivants ne devait pas dépasser 0,5 mg/kg de poids corporel: le jaune de quinoléine (E104), le jaune orangé sunset (E110), le rouge cochenille A ou ponceau 4R (E124). L’Union européenne (UE) exige en outre depuis 2010 que les produits alimentaires contenant les colorants E102, E104, E110, E122, E124 et E129 portent la mise en garde «peut avoir des effets indésirables sur l’activité ou l’attention chez les enfants». Cet avertissement n’est pas obligatoire en Suisse.

En revanche, la Suisse est plus stricte que l’UE dans l’autorisation des colorants dits azoïques. Et si les sodas (boissons sucrées sans alcool) peuvent contenir les colorants E110, E122, E124, E129 et E151, ces derniers, comme les autres colorants azoïques, sont interdits dans les produits laitiers et les substituts de viande. Les fabricants ont aussi l’interdiction de mettre de la tartrazine dans leurs sirops et limonades. Les enfants, en particulier, ne devraient pas consommer trop de substances susceptibles de provoquer des allergies. Pour éviter les additifs alimentaires, une seule solution: utiliser si possible des produits frais et les cuisiner soi-même!

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Auteure et rédaction: Bettina Epper
Traduction: Claudia Spätig
Sources
  • Office fédéral de la santé publique (OFSP)

  • Laboratoire cantonal de Bâle, rapport du Dr Marianne Erbs relatif à la campagne régionale «Farbstoffe in Getränken und Süsswaren», 2012

  • Schweizerischer Konsumentenschutz

  • Heinz Knieriemen, «E-Nummern», AT-Verlag 1999

  • Erich Muskat, Ibrahim Elmadfa et Doris Fritzsche, «E-Nummern und Zusatzstoffe», GU-Verlag, 2012