Déblayer la neige – un stress pour le cœur!

S’il a neigé toute la nuit, pas d’autre choix après le petit-déjeuner que de saisir la pelle à neige. Mais attention: les personnes souffrant de problèmes cardiaques en particulier devraient faire preuve de retenue.

Les paysages bien enneigés sont magnifiques à contempler au réveil pour autant que sa propre entrée de garage ne soit pas encombrée par la neige. Mais il s’agit de se mettre en train doucement si l’on doit manier la pelle à neige le matin tôt. Et c’est particulièrement vrai pour les personnes âgées ou celles qui souffrent de problèmes de cœur. Les statistiques montrent que ce grand effort physique matinal provoque des décès suite à des défaillances cardiaques plus souvent que la moyenne.

Un dur labeur pour le cœur

Les températures basses combinées à un effort physique sont exigeantes pour notre système cardiovasculaire – ce qui peut être dangereux pour un cœur déjà endommagé. Quand il fait froid, le système nerveux actionne un mécanisme de protection pour réduire la perte de chaleur. Les vaisseaux sanguins se contractent et l’irrigation diminue. La résistance augmente dans les vaisseaux et le cœur doit alors fournir un plus grand effort. Les conséquences pour les personnes dont les vaisseaux sanguins sont déjà abîmés ou rétrécis peuvent être fatales. Si le muscle cardiaque est insuffisamment approvisionné en oxygène et en nutriments, un sentiment d’oppression peut apparaître, appelé en langage spécialisé angine de poitrine. Il est possible qu’un dépôt existant, nommé plaque, se détache en raison de la modification de la force à laquelle la paroi des vaisseaux est exposée et que cela forme un caillot. Dans le pire des cas, le caillot peut complètement fermer un vaisseau coronaire et donc provoquer un infarctus. La fibrillation ventriculaire potentiellement mortelle est aussi bien connue comme conséquence d’un infarctus cardiaque.

L’effet vasoconstricteur du froid a une influence nettement plus grave lorsque l’on déblaie la neige que lors des activités normales. Et le risque augmente encore si l’on pratique cet exercice pénible à toute vitesse parce qu’on est pressé. Car le stress a également un effet vasoconstricteur.

Habits chauds et sagesse

Ces risques peuvent être réduits très simplement. Principale recommandation de la Fondation suisse de cardiologie: mettre des vêtements chauds! Il faut protéger en particulier la zone autour du visage, du cou et du thorax. Ainsi, mettre une écharpe en laine autour de la bouche et du nez est très efficace. Ce travail physique en plein air est inhabituel pour la plupart des gens et il ne devrait pas se faire le matin au saut du lit, pressé par le temps et le résultat. Une vitesse raisonnable sans stress contribue à ce que le cœur soit à la hauteur de la charge. «Il est mieux de prendre son temps et d’aborder le travail tranquillement», explique le cardiologue genevois Wilhelm Rutishauser qui recommande aux personnes âgées en particulier de s'abstenir, dans la mesure du possible, d'enlever la neige.

Protection dans le sport

Les mêmes recommandations valent aussi pour les autres activités physiques en hiver, par exemple la pratique du ski. Les personnes qui ont un risque cardiaque, tout comme les fumeurs, feraient bien d’éviter les brusques alternances chaud-froid en portant des vêtements adaptés. Respirer sans protection le blizzard glacial à l’arrivée de la station supérieure de la télécabine peut par exemple provoquer de brusques rétrécissements des vaisseaux qui peuvent s’avérer fatals. Et les excursions à ski ou à raquettes, de même que la première descente dans le matin froid, devraient être précédées d’un entraînement doux afin que les vaisseaux et les muscles puissent s’échauffer. «L'activité physique est conseillée même en hiver, mais toujours en tenant compte du froid», rappelle le professeur Wilhelm Rutishauser. Les groupes régionaux de maintenance cardiovasculaire disposent d’une bonne offre d’entraînement pour les personnes présentant un risque connu de maladies cardiovasculaires.

Auteur et rédaction: Didier Buchmann
Traduction: Marie-Noëlle Hofmann
Source
  • Fondation suisse de cardiologie