Rhume des foins
Et c'est reparti!
L’arrivée du printemps ne réjouit pas tout le monde. Le réveil de la nature correspond en effet au retour d’une des allergies les plus fréquentes: le rhume des foins.
Les pollens sont plutôt inoffensifs. Mais le corps peut les considérer comme un ennemi.
Vous avez l’air d’avoir fait la fête toute la nuit alors que vous vous êtes sagement couché tôt: pas de doute, vous souffrez de rhume des foins. Les yeux rougis et irrités, le nez congestionné et des éternuements à répétition sont les symptômes les plus fréquents de cette allergie aux pollens. Ces dernières décennies, la pollinose est devenue une véritable maladie de civilisation, faisant près de 1,4 million de victimes en Suisse. Vous en faites partie? Même si tel est le cas, ce n’est pas une raison pour baisser les bras. En suivant quelques conseils et un traitement adapté, vous pourrez peut-être bientôt regarder voler les pollens sans plus éternuer.
Rhume des foins – comment ça marche?
Le rhume des foins n’a pas grand-chose à voir avec le foin, ni d’ailleurs avec le rhume. En revanche, il est toujours lié aux pollens. Les pollens servent en fait à assurer la fécondation des végétaux. Pour ce faire, la nature a prévu différentes stratégies: certaines plantes sont pollinisées par les insectes (entomophiles), d’autres par le vent (anémophiles). C’est justement cette méthode qui cause tant de soucis aux personnes allergiques.
Les pollens contiennent des liaisons protéiques qui sont identifiées comme des substances étrangères par le corps – lequel entreprend de les combattre! Au premier contact avec ces substances, inoffensives en soi, les personnes allergiques développent des molécules de défense, les anticorps. A partir de ce moment-là, l’organisme considère que les pollens (allergènes) sont des substances dangereuses. Sensibilisé, il produit toujours plus d’anticorps. Et finit par développer des réactions allergiques: au moindre contact, il réagit comme s’il devait se défendre contre un agent pathogène. Cette réaction inappropriée de l’organisme est probablement liée à une prédisposition héréditaire. Mais elle pourrait être favorisée par des facteurs environnementaux.
La pollution en question
Les spécialistes des médecines naturelles sont unanimes: la propagation de la pollinose dépend de la pollution atmosphérique. Nos ancêtres étaient exposés à autant de pollens que nous – sans toutefois développer des réactions allergiques similaires. C’est que, contrairement à nous, ils vivaient dans un environnement écologiquement intact. Leur système immunitaire ne devait pas lutter contre des flots de substances de synthèse et de toxines provenant de l’eau, de l’air et de l’alimentation. Autant de substances pour l’élimination desquelles il n’existe encore aucun programme génétique. De récentes études confirment que la pollution atmosphérique augmente effectivement la sensibilité au rhume des foins.
Changement d’étage: l’asthme allergique
Sans traitement spécifique, un rhume des foins peut, à long terme, provoquer des difficultés respiratoires. Si vous ressentez de tels symptômes, consultez sans tarder votre médecin. Les spécialistes lancent en effet une mise en garde contre ce qu’il est convenu d’appeler le «changement d’étage». Autrement dit, l’évolution d’une rhinite allergique non traitée en asthme allergique.
Auteures: Petra Gutmann, Katharina Rederer
Rédaction: Antoinette Prince

